Interview

Ancelet Guillaume (Team Stabilo-Gravity)

Ancelet Guillaume (Team Stabilo-Gravity)

Palmarés Trail 2014/2015 :

Trail des poilus 2014 (57km)
Défi trail des Balcons d'azur 2014 (25+80km)
Trace des Ducs de Savoie 2014 (120km)
Sparnatrail 2014 (57km)
Trail de senlis 2014 (29km)
Maxicross de bouffemont 2015 (32km)
Eco trail de paris 2015 (80km)
Maxirace Annecy 2015 (85km)
Pierra Menta 2015 (70km)
Endurance trail 2015 (100km)
Grand trail des templiers 2015 (75km)

L'interview :

1. Quand et pourquoi as-tu choisi de pratiquer le trail en compétition ?

Le trail est venu en continuité d'une expérience de raid multisports. Des efforts longs à la journée et en équipe avec les copains (Franck Tack et Benoit Duvielguerbigny). Je n'étais pas du tout un coureur à la base… J'avais toujours des crampes et j'étais plus à l'aise sur un vélo. Mais la facilité de la course à pied, on prend les chaussures et on se balade très vite dans la nature, combinée avec l'effort long ,m'a orienté rapidement sur le trail et plus particulièrement sur l'ultra.

2. Quel trail t'a laissé le plus beau souvenir ?

Sans doute le premier ultra de ma « carrière » et le dernier ultra de 2015 : les Templiers en 2013 et les Templiers en 2015.
Première grosse course gérée à merveille… On finit main dans la main avec Franck et Ben, j'avais des ailes j'aurai pu finir 15 min devant eux, inimaginable.
Et la dernière car je reviens tout juste d'un défi peu commun, enchainer l'endurance trail des templiers (100km et 4600m de D+) le vendredi et la grande course des Templiers (75km et 3400m de D+) le dimanche. On finit le dimanche soir main dans la main avec mon frère Julien et mon beau-frère Christophe Duflot. Une course bien menée, dans l'euphorie de l'exploit et du plaisir de partager cette fête en famille. Une arrivée triomphale gravée dans mes souvenirs pour longtemps.

3. Sur quel trail as-tu le plus souffert ? Pourquoi ?

La Maxi-Race d'Annecy en 2015 (85km et 5400m de D+). Un parcours très technique surtout en descente et des jambes en compote par manque de préparation (syndrome de l'essuie-glace contracté suite à l'écotrail de Paris 2 mois plus tôt). J'ai fait beaucoup de vélo dans cette période mais musculairement j'étais court. J'ai mis presque 18h pour boucler le tour du lac et la dernière descente de nuit (4km, 950m de D-) a été un calvaire. Mais j'ai du mal à dire que j'ai souffert car je ne retiens jamais les moments difficiles.

4. Quels sont tes prochains trails ?

Pour le moment c'est repos et coupure jusqu'aux Noctambules 2016 (C'est tous les ans ma course de reprise). C'est assez rare que le calendrier ne soit pas plus clair dans ma tête mais je voulais me concentrer à fond sur ce dernier objectif de saison sans penser à 2016. Bien sûr, nous retenterons notre chance au tirage au sort de l'UTMB. Je pense qu'il faut avoir fait cette course une fois dans sa vie de traileur. Nous l'avons fait en rando l'été dernier mais ce n'est pas pareil. Avant ça il y aura surement 1 ou 2 belles courses qui vont se placer avant et peut être une après.

5. Combien de séances d'entraînement effectues-tu par semaine ?

Arfff. … je n'aime pas ce mot d'entrainement. Peut-être que j'en ai trop fait au foot ou ailleurs pour me l'appliquer au trail. Je n'ai pas de coach, pas de plan. Je me régule, j'écoute mon corps et surtout je cours pour être finisher donc je fais essentiellement du volume. Disons qu'en période intense je sors 2 fois en semaine et une sortie longue le week end. J'y intègre beaucoup de déplacements en vélo (parfois long pour toujours être dans la préparation intégrée à la vie de famille et professionnelle)

6. Quelle est selon toi la séance d'entraînement primordial pour progresser en trail ?

Pour moi ce n'est pas une séance mais plutôt une séquence. Pour réussir en Ultra, il faut savoir randonner en montagne. Manger du kilomètre, du dénivelé positif et négatif sur de longues journées de marche, sur une semaine ou 2. Pour le moment le GR20 en corse en 2013 et le Tour du Mont Blanc en 2014 sont 2 des plus belles randos que j'ai eu la chance de faire. Ca donne les clés de la réussite. Se lever tôt, préparer et porter son sac, sa bouffe, utiliser les bâtons, monter, descendre, partager avec les copains et dans des paysages à couper le souffle… y'a tout.

7. Dernière question : Pour toi « l'esprit trail » c'est quoi ?

Être finisher d'une aventure choisie à plusieurs pour sa difficulté, sa beauté en respectant son corps, sa famille, les organisateurs et la nature. Sans cesse se dire que l'on a de la chance d'être au départ de cette course, qu'à l'arrivée on ne retiendra que le meilleur et on pourra en discuter longtemps comme un trésor que l'on a été cherché au plus profond de soi et que l'on partage. Jamais on ne se sent plus vivant qu'après un ultra et j'encourage tout le monde non pas à dépasser ses limites mais à en découvrir de nouvelles.

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